Le massacre de Joss Whedon sur Justice League

Ce film est un vrai cas d’école. Ses nombreux problèmes de production en font une véritable mine d’or pour se renseigner sur les VFX.

Avec Zack Snyder  et Joss Whedon (le papa d’Avengers) aux commandes de Justice League, on avait toutes les raisons de croire que le film allait devenir une référence. Pourtant ce binôme a vite laissé place à un vieil adage « il faut toujours éviter les mélanges, c’est comme avec l’alcool, ça finit mal » . Visiblement c’est plutôt respecté ici.

En dehors d’une écriture très marvelisée, qui bien qu’efficace fait perdre définitivement l’âme de l’univers DC qui se range bien sagement parmi les autres productions de ce calibre, l’arrivée de Joss Whedon a eu des conséquences plus importantes encore. Ce dernier a eu le droit de retoucher l’aspect visuel du film plutôt que de le respecter. On se rappelle des dires du président de Warner Bros. Pictures, Toby Emmerich qui disait que Whedon ne toucherait ô grand jamais à l’esthétique mise en place par Snyder… Sauf que les deux derniers films de Whedon, c’est plus de deux milliards de dollars au box-office alors que toute la filmographie de Snyder est bien inférieure à ce chiffre. C’est donc avec ce prétexte que Whedon s’est permis de tout retoucher avec ses grosses mains pleines de doigts. Si ce dernier est un scénariste hors pair, il n’est pas un très bon compositeur d’images. Ce qu’est précisément Snyder, la preuve:


Snyder n’est certes pas un grand scénariste, mais c’est un véritable compositeur d’images qui recréé parfois au pixel près de véritables peintures ou planches de BD. Forcément le rendu est toujours impressionnant.

 

Le changement de cadre
La Warner désespérée de ne pas savoir prendre la moindre bonne décision confie donc le projet à Whedon en lui confiant carte blanche. Ce dernier n’hésitera pas à rogner allègrement dans les images prises par Snyder. Alors que Man of Steel, Batman v. Superman et Justice League étaient initialement tournés en cinémascope (soit un ratio de 2.35/1). Whedon a préféré utiliser un format plus proche de la télévision (qui est en 16/9), le 1.85/1 pour les reshoots. Le problème c’est que la majeure partie du film est dans un format différent (le 2.35). Qu’à cela ne tienne, au diable le travail de Snyder et la cohérence visuelle des 3 films, Whedon va rogner et supprimer les côtés des plans de Snyder pour transformer le 2.35 en 1.85.

aspect-ratios
Image source. En passant du 2.35/1 de Snyder au 1.85/1 de Whedon, on supprime une précieuse partie de l’image. Tous les éléments placés sur les côtés par Snyder sont délibérément négligés par Whedon avec la bénédiction de la Warner.

C’est ce qui explique que certains personnages soient très proches des bords de l’écran et que la composition de l’image est parfois hasardeuse. Monsieur Whedon, sous les encouragements du studio a fait son petit caprice sous un tonnerre d’applaudissements.

 

Les incrustations foireuses


À 0:54

Pour ajouter des touches d’humour afin rendre « le film plus lumineux » dixit la Warner, Whedon est obligé de retourner des scènes sur fond verts alors que les plans originaux de Snyder ont été fait avec un décors réel. Le résultat est forcément indigeste. Un plan  est sans trucage, le suivant toujours dans le même décor et sur le même personnage est sur fond vert.

 

L’absence de direction artistique
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Tweet orignal: @CamilleBrunel

Difficile d’avoir des scènes émouvantes avec des plans pas très recherchées. Là où Snyder recherche l’esthétisme quitte à en faire trop, Whedon cherche simplement à filmer (très) scolairement son sujet, sans y mettre la moindre conviction.
Évidemment, le combat final est du même acabit: il manque cruellement de direction artistique. Ce dernier était censé se dérouler de nuit mais suite aux nombreuses demandes de fans de faire un combat de jour, la Warner et Whedon rectifie le tir en modifiant in extremis la scène qui désormais se déroule sous un ciel rouge. Si ça avait été préparé dès le début, cette idée aurait pu être excellente. Mais dans la précipitation, l’effet ne fonctionne plus très bien, on discerne difficilement les tirs des soldats ennemis qui sont de la même couleur que le ciel.

La scène devait initialement se dérouler de nuit (ce qui aurait amené un jeu de couleurs assez intéressant), mais se déroule finalement de jour sous un ciel rougeâtre. Des deux, je préfère la seconde option, seulement cette deuxième ayant été choisie au dernier moment elle a été mal préparée et tout l’esthétisme de cette scène est hasardeux.

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Le money-shot le plus bancal qui m’ait été donné de voir. L’ajout de gravas/cailloux surdimensionnés n’importe rien à l’image on est d’accord ? Pire,  en cachant la batmobile et une bonne partie du décors le plan est plus difficile à contextualiser.

Au final la sauce Snyder/Whedon donne un mélange assez étrange et bizarroïde. Dommage car même si le scénario tient la route, la partie visuelle est vraiment ratée. Un comble pour un film de ce genre.

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