Longue Nuit de Silence : un film tourné de nuit sans éclairage avec un Sony A7s II et un 50mm f/0.95

C’est le rêve de tous les utilisateurs du Sony A7s: filmer la nuit. En tournant Longue Nuit de Silence, je voulais simplement repousser mes limites et m’essayer à de nouvelles choses. Tourner un court-métrage de nuit dans une forêt c’est une chose, le faire sans éclairage c’en est une autre. Mais avec un objectif hyper-lumineux (lire le test du Mitakon 50mm f/0.95) et l’un des appareils les plus sensibles (consulter le test du Sony A7s) pourquoi ne pas tenter le coup ? Après-tout on se souvient tous de Alyn Wallace qui avait photographié la Voie Lactée à main levée (!) avec un Sony A7s II et un Sigma 14mm f/1.8. Alors en route !

Longue Nuit de Silence c’est un tout petit film de science-fiction/d’angoisse de 3 minutes directement inspiré des films Super 8 et Midnight Special. Le but premier de ce film n’était pas de savoir si le couple 50mm f/0.95 et Sony A7s pouvait filmer de nuit mais plutôt comment il allait le faire. On peut le dire: il s’agit là de « conditions de luminosité extrêmes ». Pour tout vous dire il nous était d’ailleurs impossible de voir nos propres pieds.

Ce film n’est pas qu’une publicité pour des produits de photographie/vidéo c’est également une formidable occasion pour travailler ma direction artistique que je trouvais stagnante: des contre-jours, de jolies couleurs, un bokeh très présent, des plans stables pensés au centimètres près… Bref, toujours la même chose. Avec ce film et sa thématique c’était l’occasion d’avoir une approche plus réaliste, plus agressive, plus « sale ». Forêt, hiver, boue, extra-terrestre il n’est pas difficile de voir que le film lui même n’est pas fait pour être esthétiquement parfait mais pour être prenant et pourquoi pas, anxiogène.

 

Sombre, sale, angoissant. Le générique (entièrement réalisé en 3D pour l’occasion) n’a qu’un seul but: vous faire revivre l’ambiance du film.

 

Exit donc la tranquillité des plans fixes sur trépieds et place à des plans en caméras épaules. Exit le ratio d’image de 2.35/1 qui m’était si cher et place au 16/9 qui permet d’obtenir une image typée reportage et qui procure par extension un certain réalisme. Par ailleurs, le 16/9 prend tout son sens dans ce court-métrage. En optant pour un ratio plus haut que ne l’est le 2.35 (qui est utilisé pour du paysage/panoramique dans Souvenirs d’Étoiles par exemple) ce dernier permet de s’approcher davantage d’un être humain, et comme ce ratio est plus haut il est tout indiqué pour filmer des objets en hauteur. Pour prouver son efficacité, il suffit de comparer les derniers plans de Longue Nuit de Silence et de Souvenirs d’Étoiles.

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Si j’avais choisi un ratio plus panoramique comme le 2.35 (cinémascope), il aurait été nécessaire que je m’éloigne davantage pour cadrer mes sujets de la même façon. Ce qui aurait laissé beaucoup plus d’espace vide dans l’image. Évidemment c’était hors de question. Je voulais que le vaisseau soit imposant et pour se faire, il devait occuper la majeure partie du champ. Avec un format panoramique cet effet aurait été impossible à obtenir puisque j’aurais dû m’éloigner du sujet pour qu’il rentre dans l’image ce qui l’aurait laissé bien seul dans le décor, cela l’aurait rendu moins imposant, car plus lointain.

Dans un souci de réalisme j’ai choisi de recourir le moins possible aux effets spéciaux numériques. La plupart des VFX reposent sur du compositing: l’association de plusieurs images réelles pour créer un décor. C’est notamment le cas pour l’apparition du titre :

Mis à part le texte, aucun élément n’est généré par ordinateur. La brume est composée des milliers de particules aux quelles j’ai ajouté une texture de nuage bien réelle (car issue d’une photographie), la texture du texte n’est autre qu’une photo de la Terre modifiée, la Lune est une photo prise lors d’une sortie nocturne tout comme le ciel légèrement étoilé.

 

En bonus quelques aperçus des VFX:

 

Concernant le matériel, nous avons essayé de nous limiter au strict minimum. Sans surprise, c’est le Mitakon 50mm f/0.95 qui a été utilisé en grande majorité même si quelque plans ont été fait avec des focales fixes de 14 et 24mm, notamment pour les plans en mouvement avec le Zhiuyn Crane. La caméra, comme d’habitude est un Sony A7s II, le maître des sensibilités isométrique. Même si l’ouverture exceptionnelle de l’objectif a permis beaucoup de choses comme de se contenter de la (faible) lumière naturelle cela n’aurait pas été possible sans l’A7s. Nous avons dû pousser à plusieurs reprises la sensibilité à 40 000 iso. Même si en moyenne l’enregistrement a été fait à 25 600 iso cela n’aurait pas été possible avec un autre appareil ou un autre objectif.

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