[TEST] Que vaut le filtre Nisi natural night ?

Tradition oblige, bonne année! Le bonheur, la santé … Et surtout, la réussite! En parlant de réussite, vous ai-je déjà parlé du filtre anti-pollution lumineuse Natural Night de la marque Nisi ?

Ce n’est pas une nouveauté, la pollution lumineuse est le plus grand cauchemar de tous les astrophotographes. Il est de plus en plus difficile de trouver un ciel sans pollution que ce soit au fin fond du Morvan ou à 2500 mètres d’altitude la lumière des villes reste visible. Même si de plus en plus de villes prennent conscience du problème que cela cause à la vie animale et aux astronomes, les efforts mis en place sont encore insuffisants.

C’est donc aux photographes de trouver une solution qui consiste non seulement à fuir les villes mais à s’équiper de filtres anti-pollution lumineuse. Certains se placent devant le capteurs mais sont hors de prix (et leur réputation est excellente) et  d’autres se vissent à l’objectif. C’est notamment le cas des filtres commercialisés par NiSi avec son Natural Light.

Diamètre: 77 ou 82mm ou 100x100mm et 150x150mm (avec porte filtre)

Poids: 700g

Prix: de 150€ à 250€

 

Prise en main
Premier constant en sortant le filtre de son emballage: NiSi ne se moque pas de ses clients. C’est bien emballé, c’est propre, c’est beau. Le filtre est solide est assez lourd. En revanche, le verre est très sensible à la saleté (comme les traces de doigts), comme tous les filtres serait-on tentés de se dire. Certes, mais il se trouve que c’est un filtre que je nettoie beaucoup plus souvent que les autres et je ne me l’explique pas vraiment. Il y a régulièrement des traces dessus, même si un nettoyage a été effectué peu de temps auparavant et que le verre est supposé être déperlant pour éviter l’accumulation de saleté. Inutile de préciser que la saleté altère considérablement la qualité de votre image, attention à ne pas le salir donc.

 

Fonctionnement
La pollution lumineuse est la lumière émise par l’éclairage de la ville. Enseignes, lampadaires, vitrines sont des sources de luminosité à prendre en compte car elles altèrent considérablement la qualité de votre ciel. Ces éclairages diffusent une longueur d’ondes qui leur est spécifique et qui donne cette teinte jaunâtre qui pollue le ciel nocturne. Le filtre va alors tenter de bloquer uniquement les longueurs des éclairages urbains.

Ici, les deux photos ont été traitées dans le but de réduire la pollution. Pour celle de gauche, le filtre n’a pas été utilisé contrairement à celle de droite. Le résultat est assez concluant: le filtre permet de récupérer un ciel davantage bleuté, une dominante magenta plus naturelle.

 

Qualité d’image
Il existe une règle (plutôt vraie) en photographie où la présence de tout élément en verre placé devant l’objectif diminue l’acutance de celui-ci. Rassurez-vous si une perte de qualité est probablement présente, elle est très très infime. La restitution des détails est très bonne, il n’y a aucune inquiétude à avoir là-dessus.

Par ailleurs on peut également saluer l’absence de flare, c’est assez impressionnant surtout sur un filtre. Il n’y a pas non plus de vignettage supplémentaire.

 

Réduction de la pollution lumineuse
Qu’on se le dise, ce filtre ne vous permettra pas de photographier la Voie Lactée en pleine ville. Il ne supprime pas la pollution lumineuse, il la limite. Il est donc nécessaire d’être dans un endroit peu pollué pour l’utiliser. L’apport du filtre est au final peu flagrant mais bien réel et surtout très utile. Le filtre « abaisse » la zone de pollution et permet de distinguer de nouvelles étoiles vers l’horizon. Un petit plus qui peut vite devenir indispensable en astrophotographie  mais qui ne fait pas de miracle. Il faudra avant tout miser sur votre ciel et ensuite sur votre filtre.

test-heleux-nisi-natural-night-filtre
Comparatif avec/sans filtre, on remarque bien que le filtre « abaisse » la pollution lumineuse et permet de récupérer un ciel davantage bleuté. Certaines étoiles deviennent légèrement plus visibles. On aperçoit également l’arrivée d’une dominante magenta.

En revanche ce filtre devient bien plus utile pour les photographes nocturnes de villes (où les étoiles sont bien moins importantes), l’éclairage orange des lampadaires est très bien contenu et cela permet de profiter des couleurs qu’offre une ville de nuit sans cette dominante orangée.  Je ne suis pas un grand photographe urbain mais en regardant dans le viseur où les couleurs sont plus justes et plus esthétiques, je dois bien admettre que l’inspiration vient bien plus facilement. Pour le coup, ce filtre redonne de la beauté aux villes.

heleux-test-avis-review-filtre-nisi-natural-night-anti-pollution-lumineuse-3D750 + 24mm à f/13, ISO 100, 13s + Filtre Nisi Natural Night

L’efficacité de ce filtre est donc indiscutable et même si elle ne fait pas de miracle, elle est plus une aide précieuse et non une solution à part entière. Néanmoins il y a un effet indésirable à prendre en compte: il y a une perte  de luminosité d’environ 1 diaphragme. Ce manque de lumière vous incitera donc à doubler le temps de pose (ce qui vous fera rester plus longtemps), à augmenter la sensibilité ISO de votre appareil (ce qui vous procurera des images plus bruitée) ou à ouvrir davantage votre optique (ce qui laissera passer davantage d’imperfections de l’objectif). À me lire on pourrait croire que je déconseille ce filtre. Il n’en est rien, j’insiste (assez lourdement je vous l’accorde) sur le fait que l’astrophotographie, avec ou sans ce filtre, sera avant tout une histoire de sacrifice et de compromis et la perte d’un diaphragme est toujours préjudiciable.

Par ailleurs, je vous invite à lire l’analyse de Maxime Oudoux (un des meilleurs astrophotographes français) sur le même sujet.

 

Rendu des couleurs

DSC00714

A7S II + 24mm, f/2.8, 20s, ISO 12800 + filtre Nisi Natural Light

L’ajout du Nisi Natural Light permet de supprimer la dominante jaunâtre de nos cieux et bon sang quel spectacle! Les nuits paraissent plus mystérieuse et plus belles. Si le filtre permet d’apercevoir quelques étoiles en plus (ce qui est déjà très appréciable), la couleurs jaune de la pollution lumineuse est totalement éliminée et le ciel apparaît sous un bleu plus profond et intense, un régal pour les yeux. Signalons tout de même que la teinte des images balance vers le magenta, ce qui n’est pas gênant. Et quand bien même cela le serait, il vous suffira de réduire cette teinte lors du développement en deux clics. Il y a un an, je vous parlais du traitement de la pollution lumineuse pour vos photos de la Voie Lactée, il va sans dire que ce filtre combiné à un bon traitement peut réduire très efficacement la pollution lumineuse. Un régal.

 

Au final, je recommande sans hésitation l’utilisation de ce filtre. Nisi a vraiment fait du bon boulot. Néanmoins, il faut l’acheter en connaissance de cause: le filtre Natural Night n’est que la cerise sur le gâteau. Pour avoir de belles photos de cieux étoilés, il faudra avant tout miser une région déserte où la pollution lumineuse n’est que peu présente (la montagne, le Morvan, l’Auvergne sont d’excellents endroits). En revanche les adeptes de photographies urbaines (de nuit forcément) peuvent se le procurer sans la moindre hésitation: ce filtre ne peut qu’améliorer leur travail!

2 commentaires sur “[TEST] Que vaut le filtre Nisi natural night ?

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s