En route vers les étoiles avec un Sony a7s défiltré 3/3: les résultats

Suite et fin… Il y a quelques semaines, je vous avais expliqué l’intérêt et le processus pour défiltrer son appareil photo et le rendre plus sensible au rayonnement électromagnétique des étoiles. L’opération est lourde, coûteuse, irréversible et oblige à se passer de son boîtier durant plusieurs semaines. Il y a beaucoup de contraintes mais une seule chose définira si oui ou non il est intéressant de défiler partiellement son appareil: les résultats.

Pour rappel cette série d’articles est divisée en 3 chapitres:

Étape #1: Le principe
Étape #2: Le défiltrage 
Étape #3: Les résultats

Nous l’avons vu, le sujet est complexe alors évitons de tourner autour du pot; les résultats sont-ils à la hauteur ? Oui. Faut-il systématiquement défiltrer son appareil ? Non, pas forcément.

Tout d’abord il convient de signaler que le recalibrage de la balance des blancs effectué par Richard Galli est fort appréciable. La différence avec un appareil non modifié est visible mais loin d’être gênante. De jour, je note que les verts ont une teinte légèrement décalée ainsi que les tons chairs (un plus rosés). Rien de dramatique, mais les spécialistes du portraits pourraient être dérangés. De nuit,  la balance des blancs est … Forcément étonnante. Elle est correcte c’est sûr, mais le nouveau filtre Astrodon laissant passer la précieuse raie H-Alpha, les images ont forcément une teinte magenta. Pas d’inquiétude c’est normal et c’est d’ailleurs plus réaliste : le ciel est moins bleu (il ne l’est qu’à nos yeux après tout), il devient un peu plus grisâtre, et il y a davantage de rouge. Certaines zones du ciel se tissent même d’un léger voile rougeâtre assez plaisant. Là encore, il n’y a aucune crainte à avoir; il s’agit simplement d’objets célestes qui émettent à 653nm (comme des nébuleuses, des nuages de gaz..;etc.).

J’ai testé pour la première fois le Sony a7sD durant le premier weekend du mois de juin 2019. Les conditions étaient idéales puisque la Voie lactée était parfaitement visible (voir: Comment photographier la Voie Lactée? 1/3: la préparation ) . J’ai donc pu apprécier les performances du filtre Astrodon sur une région du ciel que je connais bien. Pour du champ large, l’ajout du filtre est un réel plus. Les nébuleuses sont plus visibles, il y a plus de signal et les couleurs sont bien plus péchues. L’ensemble est plus poétique, c’est assez plaisant à contempler -comme en témoigne l’image de cet article.

En champ profond, c’est encore plus surprenant: les objets ressortent clairement (à ce stade la valeur ajoutée du filtre est indéniable) mais ce sont surtout les nuages de gaz qui sont les plus surprenants car plus détaillés, ce que je ne m’explique pas vraiment. Tant mieux c’est une surprise très agréable.

Concrètement qu’apporte le filtre Astrodon avec l’a7s II par rapport à un filtre classique ?
Le filtre ne fait pas de miracle, il rend seulement l’appareil un peu plus sensible à une longueur d’ondes sur laquelle beaucoup d’objets célestes émettent: la raie H-Alpha. Dans les faits, attendez-vous surtout à récupérer beaucoup d’informations dans les nébuleuses .

À gauche, le bulbe galactique pris avec un Sony a7s II non défiltré en août 2018, à droite la même zone photographiée en juin 2018 avec un Sony a7s II défiltré Astrodon. Les deux images ont été capturées durant 5s à 12 800 ISO avec un Tamron 85mm ouvert à f/1.8.

En haut, un panorama de la Voie Lactée capturé avec un Sony a7s II non défiltré en août 2018, en bas un autre panorama de notre galaxie qui a été réalise en juin 2018 avec un Sony a7sD. Dans les deux cas, les images ont été prises durant 15s à 16 000 ISO avec un Nikon 24mm ouvert à f/2.8.

Après ces résultats, est-ce que je recommanderais un défiltrage Astrodon ?
Pas forcément. Avant de franchir le cap, je conseillerai surtout de bien réfléchir à sa pratique astro (est-elle occasionnelle, régulière ou intensive ? Est-ce pour du champ large ou champ prodfond ?), sur ses compétences (pour que le filtre Astrodon fasse des miracles, il faut un minimum de savoir-faire) et sur son matériel (le prix varie du simple au double entre Canon et Sony). Je rappelle également que la manipulation est irréversible, qu’elle demande 3 semaines d’indisponibilité et qu’elle très couteuse. Donc non je ne recommanderai pas forcément le défilage Astrodon et ce même si Richard Galli fait un travail remarquable et soigné. Je ne le recommanderais qu’à ceux qui ont un vrai savoir-faire en astrophotographie et qui sont réellement limités par le bridage du boîtier. Pour être franc, je pense moi-même l’avoir fait un peu trop tôt. Mais ne boudons pas notre plaisir, les étoiles sont encore plus accessibles, ce sont de belles soirées qui s’annoncent…

2 commentaires sur “En route vers les étoiles avec un Sony a7s défiltré 3/3: les résultats

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