Prise en main des hybrides Canon, Nikon & Sony

(Image source: DP Review )

J’ai pu tester durant quelques heures les hybrides Canon EOS R et RP, le Nikon Z6 et le Sony a7r III. Etant un fervent utilisateur du Nikon D750, je partais donc avec quelques a priori. Si pour l’heure les nouveaux boîtiers de Canon et Nikon peinent à me convaincre je dois bien reconnaître qu’un sérieux travail a été effectué pour assurer une transition la plus douce possible du reflex vers le mirorless. Après tout mon D750 ne sera pas éternel et il viendra bien un jour où il faudra le changer. Alors autant surveiller de près ce  marché balbutiant qu’est celui des hybrides car c’est probablement celui-ci qui va s’imposer.

Ergonomie
Dès les premiers contacts, les surprises commencent. En bon Nikoniste, je commence par prendre le Z6. Je ne suis pas dépaysé, l’appareil tient bien en main car la poignée est suffisamment creusée. Le cale-pouce n’est malheureusement pas très utile avec la morphologie de ma main, mais je pense qu’il sera bien pratique pour d’autres. Le poids réduit du boîtier me fait presque croire que j’ai un jouet entre les mains, mais à y regarder de plus près l’ensemble est solide et bien fini. Pas de doute, Nikon n’a pas lésiné sur les moyens et tient à rassurer les utilisateurs. L’ergonomie générale est bonne, les boutons tombent facilement sous les doigts. Même si je suis en terrain connu, j’avoue ne pas être pleinement convaincu (trop habitué aux reflex sans doute).

Je prends alors le Canon R. La préhension est excellente, pour ne pas dire parfaite. Pour la première fois, je me sens réellement à l’aise en tenant en hybride. Même si la préhension du Z6 est bonne, elle est à 100 000 lieux de ce que peut proposer Canon. Vraiment je suis bluffé. Dommage que l’expérience s’arrête aussi vite: je me heurte très vite à la touch bar mise en place par Canon en lieu et place de l’excellente roue codeuse. Il n’y a pas débat, cette nouveauté est un gadget et n’est pas aussi intuitive que la roue. Il faudra du temps pour que cet outil deviennent réellement agréable.

Vient ensuite le boîtier d’entrée de gamme, le RP et là c’est le coup de foudre ! Encore plus léger et dépourvu de touch bar je suis conquis par l’ergonomie. La prise en main est parfaite et à l’instar de son grand frère l’EOS R, j’ai l’impression de tenir un vrai boîtier photo et non plus un jouet. C’est solide et bien fini. Ce 6D version hybride est clairement mon coup de coeur tant il est équilibré, juste et cohérent. Par ailleurs, profitons-en pour souligner l’excellente initiative de Canon d’abaisser l’obturateur devant le capteur lorsqu’un objectif est retiré. Ce n’est pas compliqué à mettre en place et ça protège des poussières. Pas indispensable ou infaillible mais très utile quand on voit comment les poussières s’accumulent sur les capteurs!

z-canon-eos-rp-inhand_topMon Chouchou, discret, petit et efficace ! 

Quant à l’a7r III, Sony paie clairement ses erreurs de jeunesse. La différence entre les mark II et III est visible mais toujours insuffisante. C’est petit, ça tient mal en main et même si ça tend à s’améliorer j’ai toujours l’impression d’avoir un jouet en plastique entre les mains. Il y a encore beaucoup de choses qui paraissent trop fragiles. Par chance, la disposition des touches a été sensiblement améliorée, l’expérience Sony commence à devenir intéressante.


 

Viseur
La principale différence entre les reflex et les hybrides est justement le viseur. Le premier est un viseur avec un miroir placé devant le capteur, le second est un petit écran  qui retranscrit en direct ce que le capteur voit. Si nous ne reviendrons pas sur les avantages/inconvénients de l’un ou de l’autre, nous en profiterons pour aborder le ressenti de la transition. Même si j’ai déjà l’habitude de travailler avec un viseur électronique (avec mon a7s II), je suis clairement plus à l’aise avec le viseur optique du D750. Dégagé, il ne consomme que très peu d’énergie et surtout il permet de voir le réel… En temps réel.

viewfinder

A ce petit jeu là, le viseur le plus agréable a été pour moi celui du Nikon Z6. L’image est claire, fluide et précise. Les autres viseurs ne sont pas mauvais mais sont moins confortables. L’utilisation du viseur du Z6 est assez plaisante et au final la transition se déroule plutôt bien, même si le viseur optique garde mes faveurs.

 

Réactivité
Sans surprise, le Nikon est au-dessus du lot. Le démarrage est vif, l’ensemble est très réactif. Testé avec un 24-70 f/4, l’autofocus se montre à la hauteur de la réputation de la marque jaune. Reste à savoir ce que cela donnera avec un 70-200 ou un 200-600 qui semble de plus en plus probable, mais il y a déjà de quoi être ravi.

La réactivité des boîtiers Canon et Sony est de bon aloi, mais un cran en-dessous de Nikon. Quant à la vivacité de l’AF cela dépend en partie de l’optique. Dans tous les cas, aucun des boîtiers ne parvient à avoir un AF aussi redoutable que l’impressionnant Sony A9 couplé à un 70-200/2.8, digne des meilleurs reflex.

 

Autonomie
Je n’ai pas pu vider entièrement les batteries mais le constat est sans appel: ces boîtiers sont bien trop énergivores. On est clairement loin des 2000 vues que peuvent atteindre les reflex. Même si je pense que les 3 boîtiers peuvent atteindre les 600/700 vues -ce qui est déjà très bien, il faudra du temps et de la patience pour s’habituer à cette contrainte.

Un mot sur le Panasonic S1 que j’ai eu durant quelques minutes, cet hybride aux dimensions reflex. C’est solide, il tient bien en main et le viseur est impressionnant, très détaillé et fluide. En revanche, la réactivité me semble plus lente que sur les boîtiers Canon, Nikon et Sony. Dommage mais l’arrivée de Panasonic dans ce secteur risque de rendre les choses intéressantes.

Globalement, j’avoue avoir été plutôt séduit par la promesse de l’hybride. Cependant je trouve toujours cette offre en deçà de celle des reflex qui cumule pour moi les points les plus importants (solidité, réactivité, autonomie et prise en main). Ces qualités sont à mes yeux fondamentales pour faire des photos dans n’importe quelles conditions. Si ces hybrides ont d’indéniable qualités, chaque boîtier est au moins bridé (bêtement) sur un point. Cette limitation est probablement mise en place pour ne pas faire de l’ombre aux reflex et ainsi écouler tranquillement les derniers stocks. Je ne peux m’empêcher de me demander s’il  ne faut pas que les reflex « disparaissent » du marché pour que les hybrides triomphent enfin et qu’ils ne soient plus aussi limités. Réponse dans quelques années…

8 commentaires sur “Prise en main des hybrides Canon, Nikon & Sony

  1. Salut Heleux,

    Sur l’A7III et évidemment le Panasonic les bridages ne peuvent pas avoir été mis en place pour protéger leurs reflex (Pana n’en fait pas et Sony…on n’en parle plus lol). En même temps, si les hybrides ne sont plus limités les reflex disparaitront, c’est le serpent qui se mort la queue que faut-il faire en premier débrider les hybrides pour tuer les reflex ou tuer les reflex pour débrider les hybrides 😉 .

    En revanche, je suis un peu circonspect que pour le Z6 « le poids réduit du boîtier me fait presque croire que j’ai un jouet » alors que pour le Rp pourtant encore plus léger (la différence entre D750 et Z6 de 165g est même moins grande qu’entre Z6 et Rp de 235g) « j’ai l’impression de tenir un vrai boîtier photo et non plus un jouet ».

    Après personnellement je ne suis pas fan de ce genre de boitier qui, tant qu’il est monté avec un petit 35 f/1.8 (et encore je le trouve déjà bien déséquilibré), passe encore mais qu’est-ce que ce sera avec un 85 f/1.4 ou un 24-70 f/2.8? Ok ce n’est pas la cible du Rp, mais quitte à vouloir des objectifs compacts et pas trop ouverts l’offre en format APS-C voire mFT semble plus cohérente.

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    1. Hello Alex,

      Quand je parlais des bridages, je faisais surtout allusion aux boîtiers Nikon/Canon ;).
      Pour le Z6, je me suis mal exprimé. Il aurait été plus simple de dire que les deux boîtiers sont petits, oui, qu’ils peuvent paraître fragiles (ce dont je doute) mais surtout que j’ai eu une prise en main plus rassurante avec le Canon RP. Prise en main qui me rappelle ce que ça fait de tenir un appareil photo. L’impression de tenir un jouet pour le z6 n’est qu’une impression (qui défend de beaucoup de choses dont la répartition du poids, la poignée…). Mais je l’ai inspecté minutieusement et je suis convaincu que c’est du solide. Mes excuses, c’est toujours délicat de décrire un ressenti… 😉

      Comme toi, ces boîtiers compacts qui ne s’accordent qu’avec des optiques très légères ne sont pas ma tasse de thé, mais puisque c’est l’avenir… On sera forcément amené à en voir, c’est pour cela que j’ai voulu les prendre en main. A priori, le poids des optiques ne va pas bouger donc autant s’intéresser à la seule chose qui va évoluer: les boîtiers. 🙂

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      1. Dommage que l’avenir soit si incohérent, des boitiers plus légers et des grands formats de capteur de plus en plus abordables quand leurs objectifs ne bougent pas voire prennent de l’embonpoint comme les 35/50/85 f/1.8 S qui pèsent plus de 400g et approchent les 10cm quand les versions G pesaient entre 150 et 350g et ne dépassaient pas 7.5cm.
        Personnellement, si je pars en hybride ce sera au max en APS-C Fuji.

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        1. Mais ce n’est pas près d’arriver parce que pour avoir la même chose qu’en FF faut prendre des objectifs plus ouverts et on retrouve quasiment le même poids souvent plus chers ^^. Ca en devient même gonflant en ce moment tous ces fans Fuji qui comparent un X-T3 à un D5 ou un 56 f/1.2 à un 85 f/1.2L :p .

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          1. Comme tu le dis si bien, les optiques reprennent le poids que le boîtier ont perdu. Alors je me demande les constructeurs se reposent-ils sur leurs lauriers ou alors avons-nous atteint la limite dans l’allègement de nos optiques? Après tout, il s’agit d’objets pas d’électronique et d’algorithmes comme dans nos boîtiers, il y aura bien un jour où le progrès ne sera plus possible?

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            1. Ben hormis les lentilles de Fresnel, pour alléger les optiques faut revenir à des conceptions simples, parce qu’en réalité les optiques ne se sont pas vraiment allégées avec le temps vu qu’on y a rajouté des moteurs, des stabs, maintenant des écrans de contrôle (finalement y’a pas mal d’électro dedans ^^) et plus on nous dit qu’avec la montée en ISO et la stab on n’a plus besoin de grandes ouvertures plus on en demande lol et comme on demande aussi « du piqué! » et que les capteurs sont plus définis, pour avoir des objos qui piquent et qui ouvrent grand faut des tromblons. Le salut pour avoir du léger finit par descendre en format de capteur, encore faut-il que les constructeurs nous fassent les optiques qui vont avec 😉 .

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              1. Samyang a sorti un 85 f/1.4 très léger pour reflex, Tamron a sorti des 17-28, 28-75 et bientôt un 70-180 f/2.8 très légers pour hybride Sony…donc c’est faisable, mais pour gagner 1lpmm sur les tests de piqué et vendre leurs objos haut de gamme 3x plus cher les constructeurs doivent rajouter des lentilles et des fonctions qui alourdissent lol.

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